PRISE DE CONSCIENCE
DE LA PERSONNE VICTIME.
Comment se dire que l’on est victime ? Victime de la personne qu’on a aimé le plus au monde parfois, ou que l’on aime encore. La prise de conscience est un processus souvent long, ponctué d’allers-retours, d’ambivalence, de déni, de confusion, de colère, de tristesse. Elle n’est pas linéaire.
Elle oblige à faire le deuil de qui on pensait être, de ce qu’on se représentait vivre, de ce qu’on pensait avoir construit, alors que la conscience de la violence vécue fait surface. Parfois la victime demeure longtemps dans cette confusion et cette ambivalence. D’autres fois, la victime comprend ce qu’elle vit et se montre alors en demande de s’extraire de la situation, et réceptive à l’aide.
Dans le cas des violences conjugales, ces allers-retours peuvent s’expliquer du fait du cycle de l’emprise, qui peut générer une ambivalence importante, ainsi qu’une perte de repères chez la victime. Cette théorie nous vient de la psychologue américaine Lenore Walker basée sur l’accompagnement de femmes victimes de violences conjugales. En effet, une victime peut avoir une conscience claire de son vécu, puis faire face à l’étape des « justifications » de l’auteur, puis « la lune de miel » où les promesses de changement surgissent, ce qui renforce alors la confusion et réinstaure le contrôle de l’agresseur.
De plus, une personne victime mettra inconsciemment en place des mécanismes de survie et d’adaptation face au danger. Il s’agit notamment des conséquences psychotraumatiques.
Ainsi, accepter d’avoir été, et parfois d’être encore, victime est un processus douloureux qui touche à l’intimité, la perception et l’estime de soi, le sentiment d’identité même d’une personne, le sentiment d’appartenance. Sortir de l’engrenage de la violence amènera au fait de réapprendre à choisir, d’abord pour soi, de se reconstruire, se réapproprier son histoire, mais s’accompagne souvent en même temps de pertes, de ruptures, d’instabilité, de précarité, et demande un courage énorme. Le fait d’être soutenu et accompagné dans ce processus est essentiel au vu des facteurs de fragilité multiples lorsque la prise de conscience d’une victime la pousse à se protéger et à refuser la violence.
Fiona PALADINO
Psychologue/psychothérapeute
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